Après avoir lancé les discussions il y a deux mois, les deux studios japonais ont officialisé hier la création prochaine de la Tecmo Koei Holdings, une question de "survie" au sein d'une industrie de plus en plus compétitive – et d'un marché japonais en crise.
Selon les termes de l'accord, révélés hier par l'agence Reuters, Koei rachètera Tecmo via un échange d'actions valorisé à 20 milliards de yens, à peine plus que ce que Square Enix offrait en septembre. L'opération culminera en avril prochain par la création de la Tecmo Koei Holdings, dont 75% des parts appartiendront aux actionnaires Koei, la valeur de la société sur le marché étant près de quatre fois supérieure à celle de Tecmo. Le portfolio de titres résultant de la fusion sera, lui, assez hétérogène : Tecmo est avant tout connu pour ses jeux d'action, les séries Dead or Alive ou Ninja Gaiden en tête, tandis que Koei se spécialise plutôt dans le jeu vidéo historique et stratégique (Romance of the Three Kingdoms, Kessen…), même si Dynasty Warriors, la série de beat'em all du studio, rencontre également un fort succès.

Les deux sociétés avaient annoncé entamer les discussions dès le début du mois de septembre, peu après que Tecmo ait refusé une offre similaire de rachat formulée par Square Enix. A l'époque, le studio expliquait que le délai d'une semaine imposé par le géant japonais du jeu de rôle "n'offrait que peu de temps pour des négociations" et voyait dans une éventuelle fusion avec Koei une meilleure opportunité de valoriser la compagnie "tout en préservant les identités propres des deux parties". Kenji Matsubara, président de Koei, révélait par ailleurs récemment que les fondateurs de la société et le père – décédé il y a trois ans – du président actuel de Tecmo ont été amis de longue date, ce qui aurait apparemment facilité le rapprochement.

La fusion entre Tecmo et Koei représente l'un des derniers exemples de consolidation au sein d'un marché du jeu vidéo de plus en plus compétitif et nécessitant le développement de projets de plus en plus coûteux. D'après Yoichi Wada, le Japon serait tout particulièrement touché par ce phénomène ; lors d'une conférence tenue au dernier Tokyo Game Show, le président de Square Enix avait d'ailleurs suggéré la création d'une "alliance japonaise" pour faire face à la concurrence des occidentaux. Kenji Matsubara, président de Koei, se montrait lui aussi inquiet. "Au sein d'une industrie mondiale pesant 3.000 milliards de yens, nos revenus avoisinent les 40 milliards, ce qui pose la question de savoir si nous pouvons survivre ou pas," déclarait-il en octobre dernier à l'agence Bloomberg. Les deux studios combinés visent désormais des profits et des revenus bruts de 16 et 70 milliards de yens d'ici mars 2012 ; ils avaient atteint respectivement 8.5 et 40 milliards de yens lors de leur dernière année fiscale 2007/2008.

[Image de une : Dynasty Warriors 6 de Koei]